Thomas Legrand

Biographie

Thomas Legrand est éditorialiste à Libération. Il a été le titulaire de l’édito politique de la matinale de France Inter (2008-2022), puis producteur d’« En quête de politique » sur France Inter (2023-2026). Il était grand-reporter au service étranger puis correspondant aux Etats-Unis de RTL jusqu’en 2008. Il est l’auteur de plusieurs essais dont Arrêtons d’élire des présidents (Stock, 2014), La République Bobo avec Laure Watrin (Stock, 2014) et de plusieurs BD dont L’Histoire de la Vᵉ République (Les Arènes, 2018) et Les Évasions perdues (Rue de Sèvres, 2024).

Ouvrage présenté

  • Arrêtons (vraiment) d'élire des présidents (Stock)

    Voulue par de Gaulle en 1962, la campagne pour l’élection présidentielle au suffrage universel direct à deux tours, nous plonge tous les cinq ans dans une période d’illusion collective, nous conforte dans un affrontement binaire vain et entretient le mythe de l’homme providentiel.

    La conquête du pouvoir suprême en France devient, avec la fin des grandes idéologies et la perte d’influence des partis, une aventure plus personnelle que politique, plus individuelle que collective. Nous, journalistes, sommes devenus des commentateurs de courses de petits chevaux ou les chroniqueurs mondains des intrigues, trahisons, rivalités, morts et résurrections.

    Emmanuel Macron a été la caricature de l’égoprésident, persuadé qu’il pourrait, par sa propre « équation personnelle » (terme gaullien) résoudre les problèmes de la France et la réformer (période jupitérienne). Son mandat est l’aboutissement tragique d’une insondable prétention individuelle à vouloir succéder au général de Gaulle. Nicolas Sarkozy s’est fait élire en s’opposant à avec l’impuissance du président « roi fainéant Jacques Chirac », François Hollande en prônant sa normalité en contraste avec son prédécesseur hyperactif autant qu’inefficace et Emmanuel Macron en promettant d’incarner la « Révolution » (titre de son livre-programme de 2017) contrairement à tous ses prédécesseurs. Tous ont misé avant tout sur un trait de leur caractère. Ils ne disent pas « j’ai la solution » mais « je suis la solution ».

    Devant l’impuissance répétée de nos présidents, et parce qu’ils attendent beaucoup de l’État et de son chef – après avoir essayé l’énergie de Nicolas Sarkozy, la normalité de François Hollande, le disruptif Emmanuel Macron –, les Français semblent s’acheminer vers le dernier choix logique : l’autoritarisme. Voilà où nous mène la mécanique personnaliste de l’élection présidentielle à la française.

Lieu(x) de présence

Grande librairie – Esplanade des Jacobins